COMMUNIQué



Non à la privatisation de belfius, 


OUI à une banque de service public !



C’est à croire que les gouvernants n’ont rien appris et que la débâcle de 2008 comme la faillite virtuelle de FORTIS -vendue à la BNP- ou de DEXIA sont déjà oubliées. On peut donc recommencer et proposer la privatisation partielle de la banque publique, détenue à 100% par l’Etat fédéral.


Le GERFA s’oppose fermement à cette initiative.


1. Il est important de maintenir une banque systémique dans le giron de l’Etat ; ce maintien permet de lester le marché et d’éviter des soubresauts trop importants. Le marché belge avec deux grandes banques internationales (BNP-FORTIS et ING) et une banque belge mais très internationale (KBC) est en effet relativement fragile. Le même raisonnement vaut pour le maintien des grandes entreprises publiques, moins sensibles aux aléas des marchés.


2. La privatisation partielle de BELFIUS avec l’entrée de plusieurs gros actionnaires privés internationaux dans son capital (sans entrée en bourse) aura immanquablement des effets sur les exigences de rendement brut et de dividendes. La banque sera donc sous pression constante d’actionnaires étrangers, peu concernés par les métiers prioritaires de BELFIUS.

Ces exigences de rendement auront automatiquement des conséquences sur le métier principal de BELFIUS, à savoir le financement des investissements des communes et provinces ; il est donc certain que les exigences de rendement renchériront le cout des investissements publics ! Ce sera donc le contribuable qui supportera in fine l’exigence de rendement.


3. Autre option possible, la privatisation partielle de BELFIUS par le biais d’une entrée en bourse rendra la banque encore plus sensible aux exigences de rentabilité à court terme dictées par les marchés boursiers. Enfin, la banque devra s’aligner sur les standards des autres banques alors qu’elle exerce un métier différent basé sur des crédits à long terme à des entités publiques pour lesquelles les risques d’insolvabilité sont nettement moindres.


4. Le GERFA rappelle que la banque BELFIUS a été acquise par l’Etat belge (donc par l’ensemble des citoyens) pour quatre milliards d’euros et qu’il n’y a aucune raison sociale, financière ou économique pour la vendre. Au contraire, la banque, centrée sur son marché local, se porte bien SEULE. 


5. Le GERFA rappelle que la banque rapporte 215 millions d’euros de dividendes annuels au budget de l’état et que la privatisation partielle rapportera tout au plus 1 milliard à 1,5 milliard qui devra être imputé sur la dette publique qui se monte à 454 milliard (au 18 avril 2017) ; l’impact sur le volume de la dette sera négligeable et l’effet sur le budget sera même négatif, puisque la perte des dividendes sera plus élevée que la baisse des charges d’intérêts.


6. Cependant, le GERFA doit également évoquer les manœuvres clientélistes autour de l’indemnisation des coopérateurs d’ARCO, dont le CD&V, relais politique de l’ACW (mouvement ouvrier chrétien flamand), défend âprement les intérêts pour des raisons électoralistes. La privatisation partielle permettrait à la banque BELFIUS d’abandonner la créance de 350 millions qu’elle détient contre ARCO et ainsi au gouvernement de disposer d’une somme suffisante pour indemniser les coopérateurs (1).


L’abandon de cette créance purement et simplement n’est guère possible, tandis que son abandon dans le cadre d’une privatisation et du versement d’une somme d’argent importante à BELFIUS est par contre… plus facile à faire passer et indolore à première vue.


En conclusion, le GERFA réitère son opposition à toute privatisation partielle de BELFIUS et souhaite que la banque reste publique à part entière et reste centrée sur son métier de base, à savoir le financement des communes et provinces. La situation financière saine de la banque démontre que cette voie est possible et nécessaire.



Le Bureau du GERFA,

Le 19 avril 2017


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(1) Les actifs nets d’ARCO après liquidation sont évalués à 150 millions d’euros ; avec l’abandon de la créance, ils se monteraient à 500 millions.